Réformes électorales : les 11 propositions de Mutamba pour crédibiliser la CENI




Réformes électorales : les 11 propositions de Mutamba pour crédibiliser la CENI







Après les propositions de reformes liées à l’organisation de la commission électorale rendues publiques par les deux membres de l’aile dure du présidium de Lamuka, le leader de la Nouvelle génération pour l’émergence du Congo (NOGEC), Me Constant Mutamba Tungunga a présenté aussi lundi 15 mars devant un parterre des chevaliers de la plume ses 11 propositions pour refondre la centrale électorale.

Il s’agit de dépolitiser totalement la CENI; de supprimer l’Assemblée plénière de la CENI, inutilement budgetivore; de confier la gestion du bureau de la centrale électorale aux confessions religieuses, en répartissant les postes de la manière suivante : 1. Présidence : Église catholique ;

1er V/P: Église protestante ;
2ème V/P: Église musulmane;
Rapporteur : Église Kimbanguiste;
1er rapporteur adjoint : Église de réveil ;
2ème rapporteur adjoint: Églises indépendantes ;
7.Questeur : Église orthodoxe ;

Questeur adjoint : Église armée du salut.

La NOGEC suggère aussi de rendre exécutoire le procès-verbal de désignation des membres du bureau qui entre en vigueur à la date de sa signature ; de supprimer toute influence politique lors du processus de désignation et de prise de fonction des membres du bureau de la CENI, pas ordonnance d’investiture ; de faire désigner le secrétaire exécutif national par appel à candidature ; d’instaurer le consensus comme mode de prise de décisions au sein du bureau de la CENI. A défaut du consensus, seul le vote de 2/3 de membres composant le bureau est valable ; rendre bénévoles les services des membres du bureau de la CENI.

Eriger en infraction toute acquisition à titre onéreux ou par donation des biens mobiliers de valeur/ immobiliers, par un membre du bureau ou pour tout autre membre du secrétariat exécutif, durant l’exercice de ses fonctions ; rendre public les audits trimestriels de gestion de la CENI et du processus électoral ; faire démissionner d’office , pour conflit d’intérêts, les membres du bureau du secrétariat exécutif ayant un lien de parenté, du premier au 3ème degré, avec un ou plusieurs candidats. Autant de propositions avancées par la NOGEC.

Ces propositions jugées ambitieuses et surtout d’une grande maturité, sont venues du constat amer fait par Me Mutamba sur les trois cycles électoraux consécutifs organisés au pays.

D’après la NOGEC, il a été observé après la tenue de ces trois cycles électoraux que la CENI a accusé de nombreuses lacunes dans son fonctionnement et partant reste loin d’assurer l’impartialité du processus électoral.

Ces trois cycles électoraux, a-t-elle noté, ont donné lieu à des vives contestations post-électorales occasionnant d’énormes dégâts matériels et d’innombrables pertes en vies humaines.

Le regroupement politique membre de la famille politique de Joseph Kabila estime que la défaillance des textes régulant le fonctionnement de la CENI et leurs animateurs sont des problèmes majeurs qui constituent le véritable frein au processus électoral.

En effet, la loi qui organise la centrale électorale est d’une complaisance sans pareil et caricaturée au gré des intérêts politiciens, a dénoncé Mutamba.

Le secrétaire rapporteur de la Conférence des présidents du FCC a fait savoir que l’indépendance de la commission électorale n’est que de nom, car composée d’animateurs placés par les politiciens, même ceux qui feignent de porter le manteau de la société civile, sont en réalité au service des camps politiques.

La CENI, dit-il, est devenue aujourd’hui un lieu d’enrichissement illicite pour tous ceux qui y accèdent et une machine à fabrication d’élus. Elle est donc tout simplement un instrument politique au service de quelques partis politiques, qui décident de qui doit être proclamé.

Et le vote n’est plus l’expression de la volonté du souverain primaire, mais plutôt celle de quelques partis politiques représentés à la CENI.

Pour Me Mutamba, ce tableau sombre nécessite une révolution. Et son regroupement politique considère ses propositions comme une rupture totale à ce jeu des dupes aux conséquences incalculables pour le peuple congolais et un frein pour l’essor du pays.