Augustin Kabuya révèle : "La non représentativité de la femme bloque la sortie de l’équipe Sama"




Augustin Kabuya révèle : "La non représentativité de la femme bloque la sortie de l’équipe Sama"






Augustin Kabuya, Le secrétaire général intérimaire de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS)


Selon le SG de l'UDPS, "le chef de l'Etat ne veut pas signer l'ordonnance à la suite de l'absence des dames sur les listes des ministrables".

Plus d'un mois après la nomination de Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge au poste de Premier ministre, la fumée blanche - annonciatrice de la sortie du gouvernement - tarde à sortir du l'avenue Roi Baudouin, siège de la Primature. Différentes raisons sont alors avancées pour justifier le retard, voire le blocage de la formation du Cabinet Sama Lukonde.

On a évoqué l'"insatiabilité " tant de l'UDPS que de certains "nouveaux amis" du Chef de l'Etat, Félix Tshisekedi. Le parti présidentiel avait commencé par alléguer la pléthore en son sein (82 candidats pour 8 postes ministériels) pendant que d'autres parlaient de Ensemble de Moïse Katumbi.

C'est sur ces entrefaites que le 18 mars courant, le Président de la République a reçu le Premier ministre Sama Lukonde Kyenge. S'adressant à la presse à l'issue de cette audience, Jean-Michel Sama Lukonde, qui est très conscient de l'impatience des Congolais qui attendaient la sortie du nouvel exécutif avant le 15 mars, a admis "l'urgence de la sortie du gouvernement" tout en exhortant ses compatriotes à "ne pas confondre l'urgence et la précipitation".

"Je voudrais ramener tout le monde à la sérénité. Nous avons rencontré tous ces regroupements, nous avons donné les conditions pour participer au gouvernement, nous avons reçu les propositions… Après cela, bien sûr, place à ces échanges, pour pouvoir arriver à ce gouvernement, non seulement inclusif, et quand on parle d'inclusivité, cela veut dire qu'on parle de géopolitique, on parle de la participation de toutes les forces politiques. Mais on a aussi évoqué d'autres critères. C'était de dire que nous avons voulu voir participer la société civile, que nous puissions avoir un certain taux, en termes de participation féminine et de la jeunesse. Quand vous prenez tous ces éléments mis ensemble, vous comprenez que cela demande que l'on puisse faire un travail méticuleux. C'est vrai que nous comprenons l'urgence de la sortie du gouvernement, mais il ne faudrait pas confondre urgence et précipitation. "

Voilà qu'à cette liste, le SG de l'UDPS vient d'évoquer une autre difficulté qui bloquerait la formation du nouvel exécutif. A savoir la représentativité de la femme. D'après le numéro 2 de la formation tshisekediste, "le chef de l'État ne veut pas signer l'ordonnance suite au non respect des consignes liées à la représentativité de la femme par les chefs des partis et regroupements Politiques". Augustin Kabuya l'a dit devant les militants du parti présidentiel hier dimanche 28 mars à la place Sainte Thérèse lors de l'installation du comité fédéral UDPS-Tshangu.

Selon des sources bien informées, chaque groupement politique aurait reçu notification du nombre de maroquins qui lui sont réservés: l'UDPS (8), Ensemble (5 plus un vice ministère), l'AFDC-A (5), le MLC (3). Le chef de l'Etat serait, rapporte-on, inflexible sur deux exigences: la réduction de la taille de l'Exécutif et la parité homme-femme. Le hic, certains "papas", chefs des partis politiques, réchigneraient à se délester de leurs privilèges pour faire de la place aux "mamans". C'est ici que ça bloque, dénonce Augustin Kabuya.

"Lorsqu'il y a des problèmes dans ce pays, ce sont nos mamans qu'on viole, qu'on maltraite. Comment expliquer qu'aujourd'hui on forme le Gouvernement, tous les responsables politiques ne veulent pas proposer des femmes comme ministres, ils ne proposent que les hommes. Est-ce que le Chef de l'État Félix Tshisekedi peut accepter cet état de chose? Le Chef de l'État est respectueux de sa parole. Le Premier Ministre Sama Lukonde Kyenge a réceptionné toutes les listes des hommes politiques congolais, ils n'ont pas proposé des femmes, c'est pourquoi le Chef de l'État Félix Tshisekedi a dit s'il n'y a pas la représentativité des femmes, il ne signera pas l'ordonnance", a révélé Augustin Kabuya.

Pour ce dernier, Jean Marc Kabund n'a rien avoir avec le retard enregistré dans la sortie du Gouvernement, c'est tout simplement une campagne de diabolisation contre le Président ai de l'UDPS, souligne Augustin Kabuya

S'adressant aux dames présentes dans l'assistance, le n°2 du parti présidentiel leur lance : "Les femmes qui sont ici, votre avocat est en train de défendre votre cause. Qu'on arrête d'accuser faussement Jean-Marc Kabund qu'il serait ent rain de bloquer la sortie du gouvernement, c'est faux et archi faux. Le Chef de l'État a dit ceci, avant de signer l'ordonnance, il faut qu'il y ait la représentation de la femme comme il l'avait promis. Jean-Marc Kabund n'y est pour rien".

Le Chef de l'Etat Félix Tshisekedi avait promis aux femmes congolaises de leur accorder un quota de 30 % dans l'équipe gouvernementale dont la publication reste désormais suspendue à son arbitrage du président Félix Tshisekedi.

Reste que le Congolais lambda n'a que faire de qui bloque ou pas la sortie du nouvel exécutif. Sa préoccupation est d'avoir un Gouvernement qui s'attaque aux vrais problèmes du pays. Le Congolais a besoin d'être pris en charge. Et au-delà de tout, la situation du pays requiert un gouvernement de plein exercice.