L’atteinte du bien-être social en RDC est un leurre, selon Muzito




L’atteinte du bien-être social en RDC est un leurre, selon Muzito






Adolphe Muzito


Il n'y a pas un sans deux. Après son premier séminaire essentiellement basé sur l'actualité politique du pays, le parti Nouvel' Elan d'Adolphe Muzito récidive. Cette fois-ci, le centre d'intérêt change. A savoir, l'évaluation de la situation économique actuelle de la RD Congo. Pour une thématique comme celle-ci, le président de Nouvel' Elan, en véritable croqueur de chiffres, ne cherche pas des actes de langage.

"Les ressources propres mobilisées, estimées à plus ou moins 3 milliards de dollars américains en 2019 et 2020 par Félix Tshisekedi, sont en dessous et du taux de croissance et de la pression fiscale qu'il s'est fixée. Les ressources qu'il a mobilisées ne pouvaient pas lui permettre de financer le développement du pays," a expliqué Adolphe Muzito, au cours de ce deuxième séminaire de mise à niveau politique et d'immersion idéologique, organisé du 30 janvier au 6 février courant au siège du parti, à l'intention des cadres nouvellement nommés.

Premier ministre honoraire, Adolphe Muzito sait de quoi il parle. Selon lui, l'essentiel du budget de l'année passée, évalué à 70 % en 2019 et en 2020, va à la paie des rémunérations des cadres et agents de l'Etat. Ce qui fait que l'Etat soit incapable de financer certaines de ses fonctions régaliennes. Notamment, la défense, la sécurité intérieure et l'administration. "Pourtant, à l'époque où je fut Premier ministre, c'était entre 40 et 45%", rappelle-t-il.

Ancien Inspecteur des Finances et Ministre honoraire du Budget, Adolphe Muzito postule formellement que la RD Congo est un pays "sous pauvre", avec un revenu journalier de deux dollars américains par habitant. "Pour réaliser les promesses électorales de Félix Tshisekedi faites en novembre 2018 sur fond de l'amélioration du bien-être des Congolais, il faut tripler voire quadrupler le budget", souligne le numéro 1 de Nouvel'Elan, parti politique de l'Opposition en RD Congo.

Sans verser dans un pessimisme absolu, Adolphe Muzito fait savoir, cependant, que cette situation est due aussi bien, à la faiblesse constatée dans la mobilisation des recettes qu'au manque de réformes rigoureuses dans l'administration fiscale. "Il se fait malheureusement, que le Président Félix Tshisekedi et son Gouvernement ont trouvé une belle excuse pour expliquer leur contre-performance, leur incapacité notoire à donner des réponses aux nombreux problèmes des Congolais. A savoir, la pandémie de Covid-19", a renchéri l'orateur le Prof de l'Université populaire.

Quoiqu'il le dise, le Président de Nouvel'Elan dit ne pas minimiser ni ignorer les conséquences de cette pandémie sur les économies mondiales. Aussi, reconnait-il que la situation économique à l'échelle planétaire, essentiellement marquée par le Covid-19, a contribué à la faiblesse du taux de mobilisation des recettes, quand bien même que pour le cas de la RD Congo, la survenance de cette maladie ne serait pas la seule et unique cause.

LE PASSAGE DE LA COALITION FCC-CACH A L'UNION SACREE, UN PLACEBO

Quelles sont les chances de Félix Tshisekedi à relever les multiples défis du développement de la RD Congo, après la rupture de l'ancienne coalition FCC-CACH? En d'autres termes, le passage de cette coalition à l'Union sacrée de la Nation (USN), permettra-t-il au Chef de l'Etat de tenir ses promesses au cours des trois dernières années de son quinquennat, dès lors que le bilan des deux premières années est bien loin des attentes ?

Poser la question c'est y répondre en même temps. "En passant de FCC-CACH à l'Union sacrée, est-ce qu'il (ndlr: :Fatshi) va atteindre l'équilibre économique ? Nous, nous avons peur que ce ne soit le cas", répond Adolphe Muzito à sa propre question. Dit autrement, il ne se berce pas d'illusions. Selon lui, il n'y aura pas d'équilibre dans le cadre des institutions actuelles, à cause justement, du déficit de légitimité résultant de l'élection présidentielle de décembre 2018.

Partant de cet antécédent (fâcheux ?), Adolphe Muzito ne s'empêche pas de décliner la chronique d'échec programmé. Selon lui, le budget 2021 et la situation actuelle du pays préfigurant le budget de l'année prochaine, présagent qu'on ne saurait, par exemple, construire des routes de desserte agricole et qu'aussi, le Chef de l'Etat ne saura pas augmenter les salaires des agents et fonctionnaires de l'Etat.

On rappelle que cinq sujets ont été inscrits à l'ordre du jour de ce deuxième séminaire du Nouvel'Elan. A savoir, l'évaluation de la situation politique, économique et sociale actuelle du pays, le contenu de la résistance pacifique, la mise à niveau idéologique et politique des cadres du parti, le projet de société du parti et le programme politique, économique et social de Nouvel'Elan.

Lors de la première semaine, Adolphe Muzito et son parti s'étaient penchés sur l'analyse sans complaisance de la situation politique de l'heure en RD Congo.