Déboulonnage en douceur, l’encre rouge de Fatshi




Déboulonnage en douceur, l’encre rouge de Fatshi







C’est à Washington, lors de son premier voyage au Pays de l’Oncle Sam, répondant à une question d’un confrère de la Voix de l’Amérique(VOA) que le Président de la République, chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, lança : « Je vais debouloner le système dictatorial… ».

Très mal interprété et analysé par ces partenaires de la coalition FCC-CACH, qui ont envahi les médias pour faire part de leurs désapprobations. Cette phrase a été une bombe. Les applaudissements frénétiques de l’assistance traduisaient bien les attentes de toute la population congolaise qui était fatiguée du pouvoir AFDL – AMP – PPRD-FCC ayant régné pendant 20 ans.

Pour y arriver, beaucoup des compatriotes s’attendaient à ce que FATSHI renverse la table et brutalement nargue les caciques du FCC. Certains n’ont pas hésité de demander au Chef de l’Etat de dissoudre le parlement et d’organiser des élections anticipées. Les autres allaient même plus loin en réclamant l’arrestation immédiate de Joseph Kabila et de tous ceux représentants la kabilie. Eh bien non ! Félix Tshisekedi peaufine une stratégie dont le secret était détenu par lui-même.

Ce dernier s’est fait petit en supportant non sans frustration des humiliations sans réagir violemment, et pourtant rien ne l’empêchait d’emprunter cette logique. On se rappelle du refus du ministre Fcc du portefeuille d’exécuter les ordonnances nommant les mandataires aux entreprises publiques, la SNCC et la GECAMINES.

Que dire de l’arrogance d’Alexis Tambwe Mwamba qui qualifiait le chef de l’Etat de vouloir poser des actes anticonstitutionnels. Avec Jeannine Mabunda, le précité n’ont pas hésité de médiatiser leur entretien avec le Président de la République sous forme de mis en garde. Les deux têtes du Parlement sont allées jusqu’à bouder la cérémonie de prestation de serment des juges de la Cour Constitutionnelle.

Plusieurs attitudes et propos du camp en face peuvent être évoquées traduisant le non-respect par les kabilistes de l’Institution « Président de la République » au point de qualifier le garant de la Nation d’être trop naïf face à la désinvolture affichée par ceux qui croyaient, à tort, que c’est Joseph Kabila qui dirigeait la RDC.

Tenez, en quelques jours, FATSHI vient de démanteler un système enraciné de plus de 18 ans en des séquences modulés et bien calculés. C’est la touche d’un homme stratège que l’on croyait faible et impuissant. Méthodiquement et en douceur, par étape, le natif de Limete, pur produit udps y est allé en 7 estrades.
Contrôle de l’armée en nommant et en permutant, non sans grogne, les chefs étoilés.
Regard sur l’appareil judiciaire avec les mises en place effectuées à la tête de la magistrature.
Le basculement de la majorité au profit de l’Union Sacrée de la Nation (USN). Ce que nous avons qualifié de la prise de la Bastille.
La destitution du gouvernement FCC-CACH dirigé par Sylvestre Ilunkamba après une motion de censure.
Le Bureau d’Alexis Tambwe Mwamba poussé à la démission au niveau du Senat.
Nomination d’un Premier Ministre.
Démilitarisation des résidences et fermes appartenant à Kabila notamment, GLM, Kingakati, Kashamanta et réouverture au public de l’Avenue Tshatshi…

L’opinion s’étonne et exulte. Les politiques pantois, cherchent des mots pour qualifier cette «insurrection propre». José Endundo parle de miracle. Franck Diongo évoque le tsunami historique et fait un parallèle avec Etienne Tshisekedi wa Mulumba de s’être «incarné» dans son fils.

Du coup ceux qui croyaient à l’invulnérabilité de Kabila doivent déchantés. Ce qui fait dire à Moni Della que : «Croire au retour en scène de Kabila est une fiction, un rêve qui sera difficile à réaliser même si on dit que tout est possible en Politique». Il renchérit en ajoutant que : « ce qui se passe en RDC ne se passe nulle part ailleurs.

Le pouvoir n’est plus au bout du fusil mais au bout de la pensée ». On peut affirmer, sans gêne, que l’Udps, par Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a tous les pouvoirs. Qui l’eut cru ! En bon démocrate, il ne va jamais en abuser. Rassurez-vous…