Avec la déchéance de Thambwe, Clément Kanku heureux du déboulonnage du système Kabila




Avec la déchéance de Thambwe, Clément Kanku heureux du déboulonnage du système Kabila






Clément Kanku


En moins de six mois, tous les leviers du pouvoir échappent au contrôle de l’ancien président Joseph Kabila qui a dirigé le pays, d’une main de fer, pendant 18 ans.

Les bouleversements intervenus à l’Assemblée nationale, au Sénat et même au gouvernement sont des preuves éloquentes de cette nouvelle ère que vit le pays. Les présidents pro-Kabila de l’Assemblée nationale et du Sénat ont été éjectés des perchoirs. En plus, le gouvernement Ilunkamba déchu.

La majorité parlementaire a réellement changé de main. Elle a basculé à l’Union sacrée. Félix Tshisekedi a réussi à avancer ses pions jusqu’à démanteler l’ensemble du système Kabila. Heureux, le président du Mouvement pour le Renouveau (MR), Clément Kanku qui a risqué sa vie en se battant en première ligne pour le changement radical dans la gouvernance du pays, s’est réjoui de l’aboutissement du processus de requalification de la majorité engagé par le président Félix Tshisekedi.

Il était parmi les précurseurs à la création de l’Union sacrée. Ainsi, l’ancien ministre de la Coopération a salué le patriotisme de la plupart de membres de l’ancienne majorité kabiliste qui ont, sans tergiverser, adhéré à la vision du chef de l’État.

Pour lui, le changement voulu et obtenu par le président Félix Tshisekedi permettra désormais aux parlementaires de jouer le rôle de gendarme des institutions à travers le contrôle parlementaire susceptible d’améliorer le quotidien des Congolais.

Sylvestre Ilunga, une humiliation



Aux yeux de Kanku, le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a raté le coche. Il a voulu saboter la dynamique de l’Union sacrée en répondant au diktat de sa famille politique (FCC) qui, malheureusement, s’est évertuée, pendant deux ans, à torpiller l’action du président Félix Tshisekedi.

Le leader du MR pense qu’il est dommage pour une personnalité de sa poigne, un homme pétri d’expériences qui aurait pu donner l’exemple aux jeunes générations mais qui s’est empêtré dans le militantisme jusqu’à se faire virer de la tête de l’exécutif par une motion de censure.

« Ilunga quitte la primature par la petite porte et entre ainsi dans l’histoire du pays d’une d’une manière peu glorieuse. Il sera jeté dans la poubelle de l’histoire », a-t-il tranché.

Thambwe, le donneur de leçons rattrapé par la megestion



Thambwe a l’arrogance poudrée des anciennes gloires du cinéma muet. Peut-être, c’est la certitude d’avoir été et la crainte de ne plus en être, demain. Dans ce bourbier, l’élu du Mainema ne sortira pas indemne. Clément Kanku est abasourdi. Il ne s’explique pas que le grand moralisateur de la vie publique se retrouve aujourd’hui englué dans une affaire de détournement de deniers publics qui l’éclabousse complètement.

Avec un langage ordurier, l’ancien ministre de la Justice avait envoyé plusieurs personnes en prison, rappelle Kanku. Mais là, il va faire face à la dureté de la justice. L’avènement de l’État de droit impose à Thambwe la redevabilité. Pourtant, sa gestion a été opaque. L’ancien speaker a saigné les finances du Sénat.

Le parquet près la Cour de cassation et l’Inspection generale des finances ont creusé dans sa gestion. Finalement, on voit le président démissionnaire de la Chambre haute plonger dans le gouffre. Thambwe est vraiment dans de sales draps.

Dans l’affaire Goya, le leader du MR pense que les explications de Thambwe Mwamba laissent l’opinion incrédule. Le rapport de l’IGF sur la gestion de 51 millions de dollars est un véritable scandale. Pour Clément Kanku, le grand défenseur de Joseph Kabila est déjà à la porte de la prison de Makala. Il plaide pour que son dossier aille jusqu’au bout avec un procès télévisé pour permettre à la population de connaître la vérité dans cette rocambolesque affaire des millions de dollars détournés.

Tshisekedi, seul aux commandes du pouvoir, plus d’excuses



La page Kabila tournée, Félix Tshisekedi peut se frotter les mains d’avoir le contrôle effectif du pouvoir. Le législatif et l’exécutif lui sont acquis. Rien ne va désormais gêner son action. Il doit prendre maintenant ses responsabilités, prévient Kanku qui l’exhorte à redonner rapidement le sourire au peuple congolais.

A haute voix, il attire l’attention du président de la République sur le choix des futurs membres du gouvernement. Ils doivent, dit-il, avoir la moralité irréprochable, une expertise avérée et surtout être loyaux envers la République. Le président du MR croit fermement que l’heure a sonné pour que les Congolais vivent progressivement le changement sur le plan social tant souhaité depuis des lustres. A Félix Tshisekedi de saisir la balle au bond et de marquer l’histoire.