USN: adhésions, infiltrations ou refuges




USN: adhésions, infiltrations ou refuges






L'Union sacrée de la nation récolte, de plus en plus, un succès fou, au regard du nombre des partis, regroupements et personnalités politiques qui ont répondu favorablement à l'appel du président Félix Tshisekedi lancé depuis le 6 décembre 2020, après la dissolution de la coalition Fcc-Cach.

Dans le camp présidentiel, on se réjouit du fait que le bateau Fcc se vide au quotidien, au profit de l'Union sacrée. L'autorité morale Joseph Kabila tente de sauver ce qui peut l'être, mais se retrouve de plus en plus esseulé. Aphone depuis un temps, il décide de parler à la fin de ce mois de janvier dans une conférence de presse.

Mais l'opinion ne s'arrête de se demander ce que cache ces adhésions massives et quasi inattendues. D'aucuns soupçonnent déjà une infiltration pour contrer, de l'intérieur, les actions de Félix Tshisekedi. "C'est peut-être une nouvelle stratégie du Fcc pour avoir toutes les informations de l'Union sacrée de la nation", analyse un tenancier d'une cabine téléphonique, la trentaine révolue. Ce dernier se dit convaincu qu'il est question de déstabiliser l'Union sacrée pour rebondir plus tard. Car, " je ne vois pas Kabila se laisser faire".

Prospi Lungu pense plutôt que toutes ces adhésions des ex Fcc sont sincères. "Ils se sont rendus compte qu'ils n'ont jamais travaillé pour les intérêts du peuple congolais, c'est ainsi qu'ils décident de revenir au bon sens", dit-il.

De l'autre côté, Emmany, taximan, soutient que " tous les proches de Kabila qui adhèrent à l'Union sacrée viennent s'y réfugier pour protéger leurs postes et avoirs. C'est pour leurs intérêts personnels. Le jour où Kabila reviendra au pouvoir, ils abandonneront l'Union sacrée pour retourner au Fcc".

Ce conducteur de taxi prie Félix Tshisekedi de n'accorder aucun poste ministériel à ceux qui viennent de quitter Joseph Kabila, quels que soient leurs poids politiques. "Même aux bureaux de l'Assemblée nationale et du Sénat, je souhaite qu'ils n'y figurent pas", a-t-il conclu.