Assemblée Nationale : Radioscopie d’un ticket robuste !





Assemblée Nationale : Radioscopie d’un ticket robuste !





Le sprint final pour le contrôle du nouveau bureau définitif de l’Assemblée nationale sera lancé dans quelques jours. Car le temps imparti par la Cour constitutionnelle au bureau d’âge touche à sa fin. L’équipe de Mboso, sensé être l’arbitre au milieu de plusieurs joueurs devra rapidement boucler cette matière principale qui est en fait le point culminant de sa mission. Un combat sans merci

Entre le Fcc de Joseph Kabila et l’Union sacré de la nation de Félix Tshisekedi, la guerre est déclarée et la bataille pour le contrôle du bureau de la chambre basse se fera sans merci. Ça sera un combat en cage, un affrontement sans conseil, un duel à la tramontina et la seule consigne à respecter sera l’abandon par soumission d’un adversaire. Ceux qui ont assisté à la d’échéance du bureau Mabunda n’ont pas encore tout vu. Ils n’ont assisté qu’au match aller. Il y a un autre match, le match retour.

Le Fcc prédit une remontada pendant que l’Union Sacrée de la nation veut à tout prix préserver son goal average et confirmer sa suprématie parlementaire acquis à la sueur de toutes ces stratégies politiques. La victoire à ce niveau ne peut en aucun cas être le produit d’un hasard.

En politique, le facteur chance n’est pas très prépondérant. Le vainqueur sera certainement le camps qui utilisera la meilleure stratégie, le meilleur casting, le meilleur choix des tireurs d’élite et des finisseurs rompus. Si du côté du Fcc le seul mot de Joseph Kabila, après consultation de sa cellule de crise, peut suffir à désigné un candidat, Félix Tshisekedi doit nécessairement opérer un bon arbitrage entre 4 principaux noyaux des députés qui constituent aujourd’hui l’Union Sacrée.

Il y a d’abord le groupe de 110 Députés nationaux qui se sont émancipé du Fcc et dont l’entrée dans l’union a été fracassant et a amené le coup mortel qui a assommé le bureau Mabunda. Il y a ensuite le regroupement Amk-G7-Ms de Moïse Katumbi qui revendique 70 Députés nationaux.

Il y a ensuite l’Afdc et Alliés de Modeste Bahati qui, avec ses 41 députés, a également provoqué des grands dégâts au Fcc. Il y a enfin le Mlc-Adn de Jean-Pierre Bemba qui compte près de 40 députés.

Ces 4 groupes sont venus renforcer le regroupement Cach, traditionnellement et originellement acquis à la cause de Félix Tshisekedi et dont le détachement du mariage avec le Fcc n’avait pas suffit à faire basculer les choses. Si l’Udps, à travers son Président national ad intérim Jean-Marc Kabund peut déjà être assuré de reconquérir son poste de 1e Vice-Président de la chambre, il faudrait pour le Chef de l’Etat arbitrer entre un “Marquis” du Fcc et un Katumbiste, entre un ressortissant du Grand Equateur (comme l’a été Mabunda) et Fils ou une Fille du Grand Katanga (et chercher un autre poste de chef de corps à attribuer au Grand Equateur), entre un candidat Redevable directement vis-à-vis du Président de la République et un candidat Redevable indirectement vis-à-vis du Chef de l’Etat via une autorité morale interposée. Oui, Il faut arbitrer entre le Grand Equateur et le Grand Katanga. Tous ces deux espaces régionales pèsent chacun une cinquantaine des députés nationaux. Mais tout ça ne suffit pas. Tout en ayant à l’esprit la jurisprudence Adam Bombole contre André Kimbuta où en 2007, le Mlc de Jean-Pierre Bemba a perdu le gouvernorat de la Ville de Kinshasa pour avoir négligé le besoin de l’Abako, dont les 3 députés ont amené la victoire définitive et sans équivoque à André Kimbuta qui était pourtant minoritaire à l’Assemblée provinciale de Kinshasa.

Du portrait robot du futur speaker de la chambre basse

Avec la vitesse qu’il veut imprimer pour rattraper le retard de réalisations enregistré dans son quinquennat, il faut au Président de la République un Président de l’Assemblée expérimenté, rodé, rompu et politiquement et diplomatiquement connecté. Ça devrait être un homme des dossiers, un homme qui maîtrise les rouages et procédures d’élaboration des lois, de contrôle parlementaire et des négociations politiques et diplomatiques. Le futur président de l’Assemblée nationale doit entretenir de très bonnes relations avec le Président de la République. Il doit être son proche, psychologiquement et idéologiquement. Il doit être capable d’agir directement pour désamorcer toute crise ou tout blocage de nature à retarder le train des actions du Chef de l’Etat. Il doit d’assumer publiquement et être proche de la population et du petit peuple. Il doit être en mesure de capter rapidement et sans interprète des réformes voulues par le Président de la République. Il doit être accepté par la majorité de ses paires, pour éviter à tout prix un autre renversement du bureau. Le spectre est loin de se terminer.

Jean-Pierre Lihau ou Christian Mwando

Jean-Pierre Lihau est le fils de Feu Professeur Marcel Lihau, co-fondateur de l’Udps et compagnon de lutte de Feu Etienne Tshisekedi. Il est, comme Félix Tshisekedi, David Mbwakiem et Augustin Kibassa, un enfant avec du sang Udps. Jean-Pierre Lihau, élu de Bumba, est juriste de formation. Il évolue de manière ininterrompue depuis plus de 13 ans dans les rouages parlementaires (Assistant parlementaire puis Conseiller Juridique du Président de l’Assemblée nationale sous Evariste Boshab, Directeur de cabinet adjoint puis Directeur de cabinet pendant 7 ans sous Aubin Minaku, Expert et Rapporteur des commissions spéciales de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie pendant 3 ans).

Jean-Pierre Lihau bénéficie d’une large adhésion des élus du grand Equateur et même de l’ex grande province orientale dont est originaire par sa mère. Il a une parfaite maîtrise des rouages, dossiers et pratiques parlementaires. Certains observateurs voient en ce fils de Bumba le portrait idéal du Président de l’Assemblée nationale qui peut rapidement corriger les erreurs de Jeanine Mabunda. Il peut être un bon Président de l’Assemblée nationale et répondre efficacement aux attentes de ceux qui ont voulu donner au Président de la République une majorité claire et sans bavures.

Pour sa part, Christian Mwando est le fils de Feu Charles Mwando Nsimba, une autre icône de la vie politique congolaise. Elu de Moba en 2011 puis en 2018, Christian Mwando est un brillant financier, ancien Ministre provincial des Finances de Moïse Katumbi dans le Grand Katanga. Fidèle des fidèles du leader d’Ensemble, Christian Mwando est connu pour sa rigueur et sa vigueur dans la défense de ses idées politiques. Sa défaite contre Zoé Kabila pour le gouvernorat du Tanganyika ne l’a pas affaibli. Il a une grande adhésion dans son Katanga natal et entretien des bonnes relations avec les milieux financiers et miniers. Il peut aussi être un bon Président de l’Assemblée nationale. Il peut aussi et surtout être un bon Premier Ministre du Président Félix Tshisekedi. En tout état de cause, ça sera donc au Chef de l’Etat de trancher. Car, il est le seul qui connait mieux sa vision, des objectifs et sa méthode. Il est le seul qui répondra en 2023 pour se justifier devant le peuple souverain au nom de qui il agit par procuration.

Prolongation zéro !