Troisième journée des consultations présidentielles au Palais de la Nation




Troisième journée des consultations présidentielles au Palais de la Nation







Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République


Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a poursuivi, mercredi 4 novembre 2020, au Palais de la Nation, la série des consultations avec le président du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba Gombo, le chef spirituel de l’église Kimbanguiste, Simon Kimbangu Kiangani, les comédiens, les professionnels de la culture, les artistes musiciens et autres, en vue de parvenir à la mise en place d’une « Union Sacrée de la Nation » en République démocratique du Congo.

Ces consultations ont démarré lundi, au Palais de la nation, à Kinshasa, avec des personnalités membres des institutions d’appui à la démocratie, des personnalités indépendantes dont le cardinal honoraire Laurent Mosengwo Pansinya ainsi que des délégués des organisations de la société civile spécialisée dans le suivi du processus électoral et des délégués des confessons religieuses .

Mardi, il a échangé avec les délégués des organisations des droits de l’homme, de la Société civile, des médias, des ordres des avocats, des médecins, des infirmiers, des pharmaciens, des enseignants et des experts comptables.

Il a aussi consulté les délégués des organisations de défense des droits de l’homme et autres.

Annoncées le 23 octobre 2019, lors de son discours à la nation, ces consultations des forces politiques et sociales les plus représentatives du pays, ont pour but d’aboutir à une Union sacrée de la nation, visant la refondation de l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays. Ceci, dans un contexte tendu entre sa plateforme politique, Cap pour le changement (CACH), et celle de l’ex-Président Joseph Kabila, le Front commun pour le Congo (FCC), qui dirigent le pays depuis janvier 2018.

Une décision prise au lendemain du boycott, par le camp Kabila de la prestation de serment des juges nommés par le Chef de l’État à la Cour constitutionnelle.

Le président du MLC soutient tout dialogue entre Congolais



Le président du Mouvement de libération du Congo (MLC) Jean Pierre Bemba a déclaré qu’il soutient tout dialogue entre Congolais, à l’issue des entretiens avec le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, au cours de cette troisième journée des consultations.

« Je soutiens tout dialogue entre Congolais », a fait savoir le président du MLC Jean-Pierre Bemba.



Jean-Pierre Bemba, qui est la première personnalité politique à répondre à l’invitation du Chef de l’Etat, a échangé en aparté avec lui pendant plusieurs minutes.

C’est la première fois que les deux acteurs politiques se rencontrent depuis la période préélectorale de 2018.

Le Président Félix Tshisekedi et le chef spirituel de l’église kimbanguiste Simon Kimbangu Kiangani



Le chef spirituel de l’église Kimbanguiste Simon Kimbangu Kiangani a appelé les Congolais à rester concentrés dans la prière, à l’issue des entretiens avec le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Le Chef de l’église kimbanguiste s’est dit porteur, au Chef de l’État, d’un message de paix et d’encouragement quant à l’initiative d’écouter les forces vives de la nation en vue de la création de l’Union Sacrée.



« Le Chef de l’Etat a invité les responsables des églises. Moi, je suis venu de Nkamba. Nous nous sommes rencontrés aujourd’hui. Nous avons discuté autour de la paix dans notre pays. Nous lui avons dit qu’on doit être fort dans la prière. C’est l’Etat qui trouve des solutions aux problèmes de tout le monde. Et si l’Etat va mal, tout le monde va mal. Si l’Etat vit dans la paix, tout le monde est aussi en paix. Comme nous vivons tous dans cet Etat, nous devons prier pour des situations difficiles qu’il traverse », a dit Simon Kimbangu Kiangani.

Les comédiens satisfaits d’être reçus par le Chef de l’État



Les comédiens se sont dits satisfaits d’être reçus par le Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui a promis de tenir compte de leurs propositions et de leur point de vue sur la situation qui prévaut actuellement au pays.



« Nous avons été très bien reçus par le Président de la République ; et, il nous a dit ce qu’il pense. Et nous, en tant qu’artistes comédiens, nous lui avons dit ce que nous pensons de la situation que traverse notre pays. Et bien, nous avons pu détailler l’analyse faite par les artistes comédiens et apparemment, nous avons compris que le Président avait vraiment besoin des conseils des artistes comédiens parce que nous nous vivons avec la population et nous connaissons ce que la population veut. Tout s’est passé comme il se devait. Nous sommes très contents d’avoir été reçus par le numéro un du pays et ça n’arrive pas tout le temps. Cela prouve que l’heure est grave », a dit le comédien Roch Bodo Bokabela.



La palabre est l’un des fondamentaux de la culture africaine, a déclaré le Pr André Yoka



Le professeur André Yoka a indiqué, à l’issue des entretiens avec le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, que la palabre est l’un des fondamentaux de la culture africaine.

« Nous sommes des artistes. Nous sommes au milieu du village. Notre rôle est d’œuvrer pour la paix. Notre rôle, c’est donner du rêve au peuple. Et, j’ai dit aussi que le moment est important ; et, ce moment correspond à ce que nous avons comme fondamentaux de la culture africaine bantoue, c’est la palabre. Mais, la palabre africaine est une palabre positive et doit déboucher sur un minimum d’attente et d’harmonie sociale», a dit le professeur André Yoka.

Et d’ajouter : « Les professionnels de la culture que nous sommes, nous sommes les mieux placés pour sentir le souffle douloureux qui passe à travers le peuple. Mais, est-ce que c’est à nous ou aux professionnels de la politique de résoudre ce problème ? Tout ce que nous pouvons dire, c’est les exhorter à pouvoir regarder le peuple ; à nous regarder nous peuple. Toute notre vie, nous n’en avons fait que ça : exhorter les politiques à pouvoir regarder plus loin que ce qu’ils ne le font ».

Les mouvements citoyens ont demandé au Président de la République la fin de la coalition



Au cours des entretiens qu’ils ont eus mercredi dans le cadre des consultations présidentielles, les mouvements citoyens Filimbi, Echa et Lucha ont demandé au Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de mettre fin de la coalition FCC-CACH.

« Nous avons très clairement fait comprendre au Président de la République que ce qui bloque le pays est le système de prédation par le groupe qui a dirigé le pays pendant 18 ans », ont déclaré les leaders de la Lucha.

« Nous soutenons la nécessité de mettre un terme à la coalition», a commenté Floribert Anzuluni tout en précisant qu’il ne s’agit pas de transférer les tares d’un groupe vers un autre.



Les mouvements citoyens ont aussi remis un mémo au Chef de l’Etat qui explicite les questions de sécurité et justice, la situation socio-économique et les réformes institutionnelles.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat s’est aussi entretenu, le même mercredi, avec les délégués de l’Association des Handicapés, des Associations féminines, les responsables des universités et instituts supérieurs de la RDC et les délégués de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).

La dissolution de la coalition est une nécessité, selon le CLC



Le Comité Laïc de Coordination (CLC) pense que la dissolution de la coalition FCC-CACH est une nécessité, a déclaré le coordinateur du CLC, le Pr Isidore Ndaywell, à l’issue de l’entrevue avec le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans le cadre des consultations présidentielles.

Le Pr Isidore Ndaywell a indiqué avoir remis un mémo au Chef de l’Etat qui reprend les trois préoccupations essentielles à savoir: la réhabilitation de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, la crédibilisation des élections de 2023 ainsi que la relance économique et sociale.

« En ce qui concerne particulièrement la crédibilité du processus électoral de 2023, elle passe par la réforme de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la nomination d’un président de la Cour Constitutionnelle n’ayant pas trempé dans les tripatouillages électoraux », a-t-il dit.