Reddition des comptes 2019: Le débat sur les chiffres enfle




Reddition des comptes 2019: Le débat sur les chiffres enfle





Dépôt du projet de loi de reddition des comptes exercice 2019. (© Assemblée nationale)


Les dépassements budgétaires par administration ont concerné quatre institutions de la République et treize ministères. En tête, il y a le ministère de l’Environnement et conservation de la nature avec plus de 700 % de taux d’exécution des dépenses. Au niveau institutionnel, la présidence de la République enregistre un taux d’exécution de plus de 300 %.

L’affaire continue d’alimenter le débat au niveau politique. En effet, selon le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, le programme des 100 jours du Chef de l’État non repris dans le budget 2019 a explosé les dépenses. Le dépassement budgétaire enregistré est de l’ordre de 14 000 %. Du côté de la présidence de la République, la réplique n’a pas attendu. Il s’agit, a martelé le conseiller au collège économique, Marcelin Bilomba, d’une tentative de saper les consultations politiques en cours au Palais de la Nation.

Si le Gouvernement de la République insiste sur le fait que les frais de fonctionnement du cabinet du président Félix-Antoine Tshisekedi ont bien battu le record de dépassement budgétaire, le conseiller au collège économique a rappelé, pour sa part, qu’il s’agit de 318 % et non de 14 000 %. L’expert a déploré l’absence de collaboration de la direction générale de reddition des comptes qui dépend du ministère des Finances lors de l’élaboration du rapport final.

« Nous n’avons jamais tenu une seule réunion avec la direction générale de reddition des comptes pour produire le rapport final ». Par ailleurs, il a insisté aussi sur le non-respect de la procédure de transmission du rapport imprimé à la Cour des comptes et à l’Assemblée nationale. « Nous ne pourrions parler avec certitude que lorsque ces chiffres seront validés par la Cour des comptes ».

Beaucoup de politiques attendaient le projet de reddition de compte 2019 pour évaluer les choix de l’État au cours de l’année 2019, un exercice marqué par l’une des grandes crises sanitaires mondiales. Il en ressort, nous le disions, que quatre institutions de la République et treize ministères ont enregistré plus de 100 % d’exécution de leurs dépenses respectives.

Du côté gouvernemental, deux ministères ont pris la tête, avec des taux de 736 % pour l’Environnement et 442 % pour l’Urbanisme. Quant au reste, le taux d’exécution des dépenses se situe dans la fourchette variant entre 101 et 190 %. Au niveau institutionnel, la présidence de la République et la Primature ont réalisé respectivement 318 % et 171 %. En franc congolais, l’on parle des dépenses de l’ordre de 4 784 milliards, soit un peu plus de 50 % du total des crédits du budget général.

En lisant les différents tableaux du projet de loi sur la reddition des comptes 2019, le budget a été exécuté à 97 % en recettes et 99 % en dépenses si l’on part, bien entendu, des prévisions initiales arrêtées en équilibre à un peu plus de 10 000 milliards de FC. Le document renseigne une augmentation de près de 10 % par rapport à la mobilisation des recettes de 2018. L’on signale aussi une hausse des dépenses par rapport à 2018. Nous y reviendrons.