Mahagi: à la recherche des sauterelles, des femmes vont jusqu’à « abandonner leurs maris au lit »




Mahagi: à la recherche des sauterelles, des femmes vont jusqu’à « abandonner leurs maris au lit »





L’apparition des sauterelles, ces insectes migratoires trop prisés par les habitants de l’Est de la RDC est à la base de la délinquance observée ces derniers jours parmi les enfants, jeunes et femmes du territoire de Mahagi situé à plus de 180km au nord de Bunia en Ituri.

Un reporter de Bunia Actualité qui a fait la ronde dans cette cité frontalière avec l’Ouganda a rencontré certains parents qui se disent très préoccupés du fait que leurs enfants, au lieu de se rendre à l’école, préfèrent aller attraper les sauterelles ça et là à travers tous les espaces verts de cette contrée.

« Les enfants quittent la maison à la recherche des sauterelles que de réviser leurs cahiers des notes. D’autres sèchent même les cours », confie Francis, la trentaine, avant d’ajouter : « Nous savons très bien que Mahagi est un milieu où la délinquance bat record. Est-ce que nous parents savons ce que font les enfants pendant ces heures ? »

Pour sa part, Stéphane condamne le fait que les femmes abandonnent leurs maris au lit pour aller à la recherche des sauterelles.

« Moi je ne peux pas accepter cela », lance-t-il d’un ton ferme.

Cette situation préoccupe l’Administrateur du territoire de Mahagi, Alfred Bongwalanga qui appelle les parents à plus de responsabilité durant cette saison d’apparition des sauterelles, appelés « Manyonyo » dans la langue locale.

« Si le conjoint quittait son lit conjugal pour chercher les sauterelles avec l’autorisation de son partenaire, ce n’est pas un problème. Même chose pour les enfants qui quittent leurs maison avec l’autorisation des parents. Il faut qu’il y ait une plainte du conjoint laisé ou le parent laisé a cause de la non autorisation, c’est là que nous pouvons agir » déclare l’autorité territoriale.

Signalons que le marché local de Mahagi est actuellement innondé de ces insectes saisonniers très consommés par les habitants.

Un gobelet plein de sauterelles se négocie à 1.000 Shillings ougandais ( la monnaie la plus utilisée sur place) équivalent à 500 francs congolais.