Albert Puela : « Le Bureau Mabunda est réputé démissionnaire de l’Assemblée nationale depuis le 15 avril 2020 »



Albert Puela : « Le Bureau Mabunda est réputé démissionnaire de l’Assemblée nationale depuis le 15 avril 2020 »







Le Bureau Mabunda est réputé démissionnaire de l’Assemblée nationale depuis le 15 avril 2020. Le député Albert-Fabrice Puela qui revient à la charge évoque comme motif : la violation flagrante du Règlement intérieur de la chambre basse du Parlement. Pour constater cette démission, il a saisit le Conseil d’Etat.

En effet, la redevabilité de la gestion des finances de la chambre basse du Parlement risque d’emporter Jeanine Mabunda et ses collègues membres du Bureau. Ils n’ont pas présenté à l’Assemblée plénière le Rapport complet de la gestion financière de l’exercice budgétaire précédent dans les trente jours après l’ouverture de la session ordinaire de mars dernier tel que le recommande le Règlement intérieur.

Si le député national Albert Fabrice Puela a, en son temps, écrit au Bureau pour rappeler, sans succès, le respect de cette disposition réglementaire, il a cette fois-ci saisit le Conseil d’Etat pour que cette instance constate la « démission automatique » du Bureau de l’Assemblée nationale.

« Pour avoir violé l’article 139 alinéa 6 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, le Bureau de cette institution est réputé démissionnaire depuis le 15 avril 2020 », argumente le député national Albert Fabrice Puela dans sa signification au Conseil d’Etat.

Joint par Zoom Eco, ce député national reste catégorique. Il tient à faire respecter, par obligation d’exemplarité, les lois de la République au sein de cette institution qui devrait demeurer le temple de la démocratie.

A lui de préciser : « la réalité, c’est que notre Bureau n’a jamais présenté le rapport financier de la gestion de l’Assemblée nationale dans le délai tel qu’exigé par le Règlement intérieur. C’est ce même Règlement intérieur qui dit que si le Bureau ne le fait pas, il est réputé démissionnaire. Nous devons montrer l’exemple du respect de nos textes. Ce n’est pas moi qui demande au Bureau de démissionner. Mais c’est une démission qui est automatique dès lors qu’ils n’ont pas présenté le rapport en plénière. »

L’élu du Kongo Central soutient qu’il obéit à un devoir républicain et affirme n’avoir aucun problème personnel avec les membres du Bureau.

« Contrairement à ceux qui pensent à une démarche politicienne ou que c’est l’UDPS qui est derrière moi, je leur affirme que c’est faux. Ma démarche est républicaine. Il est question ici d’appliquer tout simplement le Règlement intérieur. Le Bureau était négligent et il n’avait pas voulu prendre le terreau par les cornes et rencontrer les préoccupations soulevées », s’est-il défendu.

Out le motif « Etat d’urgence »

La période pendant laquelle l’Assemblée nationale devrait rendre compte coïncide, au mois d’avril 2020, avec l’état d’urgence déclaré dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ainsi, la plupart des services publics furent contraints d’observer un service minimum. Cela pourrait être une raison qui aurait empêché le Bureau à s’acquitter de cette obligation.

Cet argument est balayé de revers de la main par Albert Fabrice Puela. Il estime que rien ne sert de se cacher derrière l’état d’urgence pour justifier la violation du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Car, les plénières se tenaient normalement et la pandémie n’a pas suspendue la gestion de la chambre basse.

« Comment est-ce qu’on prorogeait la loi sur l’état d’urgence ? C’est par des lois que nous votions en plénière à l’Assemblée nationale. L’état d’urgence ne tient pas la route quand on considère, en plus, qu’on a défenestré Jean-Marc Kabund à la suite des deux plénières où il y avait tout le monde », a commenté Albert Fabrice Puela.

Ce député national pense, sans préjugé, que le Conseil d’Etat constatera que le Bureau de l’Assemblée nationale est démissionnaire depuis le 15 avril 2020. Il souhaite de tous ses vœux que cette instance dise le droit et le bon droit.