23 ans après sa mort, voici ce qui reste des palais de Mobutu aujourd’hui


23 ans après sa mort, voici ce qui reste des palais de Mobutu aujourd’hui





Le 7 septembre 1997, le maréchal Mobutu Sese Seko, ancien président du Congo rebaptisé Zaïre, décédait à Rabat au Maroc. Renversé quelques mois plus tôt par l’avancée de la rébellion de AFDL de Laurent-Désiré Kabila, Mobutu était emporté par un cancer à l’âge de 66 ans. Il vivait en exil au Maroc depuis son départ de son fief de Gbadolite le 18 mai 1997, deux jours après avoir fui Kinshasa en compagnie de sa proche famille et de quelques fidèles.

Gbadolite était le symbole du régime de Mobutu : c’est la ville d’origine du président, inondée de privilèges et d’équipements, comme le reste du pays ne pouvait qu’en rêver : centrale hydroélectrique et électricité, liaisons satellite, routes, aéroport prévu pour accueillir un Concorde… et puis des palais.



Trois palais en pleine forêt tropicale dans la province septentrionale de l’Equateur, ont été bâtis pour le chef de l’Etat. Deux à Kawele, l’un avec d’insolites pagodes chinoises, l’autre en style moderne, et enfin un troisième à l’est de Gbadolite, le Palais des Bambous. En 2004, le réalisateur Thierry Michel présentait quelques images de ces palais à l’occasion de la sortie en DVD de son film “Mobutu, roi du Zaïre”.

On sait qu’après la prise du pouvoir par Laurent Désiré Kabila, les palais furent pillés. Depuis, ils subissent le climat tropical. En décembre 2010, un photographe français les a fixés dans ces clichés évocateurs.



Gwenn Dubourthoumieu a photographié des salles vides, où tout ce qui pouvait être emporté a été arraché. Des visiteurs squattent toujours les lieux. Ailleurs au Congo, l’appétit immobilier du “vieux léopard” s’est aussi manifesté à Nsele à une quarantaine de kilomètres de Kinshasa.

Pour être complet, il faut aussi quitter le Congo et savoir que le président zaïrois avait dix propriétés en Belgique, dont 5 châteaux . Il avait investi notamment à Rhode-Saint-Genèse et à Uccle, ici à Fond’Roy avec son parc de 5 hectares, ou avenue Maréchal Ney, avenue du Prince d’Orange, avenue Brugmann, et à Ixelles près des étangs.

Ou encore en France, comme au Cap Martin, sur la côte d’Azur, ou avenue Foch à Paris, et en Suisse avec son domaine de Savigny, près de Lausanne. En Afrique même, il possédait encore des hôtels et une villa à Dakar, des villas en Côte d’Ivoire, à Bangui, au Tchad et à Mombasa.

La salle de bal du palais officiel de Mobutu à Gbadolite est aujourd’hui le terrain de jeu des enfants qui squattent le lieu. Ils y trouvent notamment des billes de vers et de cristal qui autrefois ornaient les lustres monumentaux pendant encore des plafonds.



Les palais présidentiels construit par le maréchal Mobutu composent un ensemble architectural délirant mais inachevé. Le guide suprême n’a pas eu le temps de finaliser le dernier étage du bâtiment principal.

Du haut des plafonds monumentaux des palais présidentiels pendent des lustres monuments que les pilleurs n’ont certainement pas eu le courage d’emmener.