Procès des 100 jours : « Ce n’est pas moi qui suis visé mais le chef de l’Etat », Vital Kamerhe




Procès des 100 jours : « Ce n’est pas moi qui suis visé mais le chef de l’Etat », Vital Kamerhe







La cinquième et dernière audience du procès opposant le ministère public au directeur de cabinet du chef de l'Etat, Vital Kamerhe, et consorts s'est clôturée ce jeudi 11 juin à la prison centrale de Makala. Lors de cette audience, consacrée à la plaidoirie, toutes les parties prenantes à ce procès inédit ont présenté leurs moyens de défense bien qu'émaillés par des exceptions d'inconstitutionnalité, d'ordre public ou encore d'irrégularité soulevée par les parties défenderesses.

Prenant la parole en dernier, comme le veut la procédure au pénale, le prévenu Kamerhe a tenu à clamer son innocence bien que considérant que le verdict du procès était joué d'avance. « Je ne suis pas surpris par ce procès car dès le début il y a eu de la brutalité contre moi. la messe était déjà dite... Mais la vraie justice viendra de Dieu », a-t-il fait savoir tout en demandant au tribunal de constater son innocence car, dit-il « ni les avocats de la République; ni le ministère public, personne n'a pu démontrer la culpabilité de M. Vital Kamerhe ni par une pièce irréfutable le détournement de deniers publics par M. Vital Kamhere »


« Ici on ne fait plus du droit mais de la politique »



Avant de se lancer dans la dénonciation d'un procès qu'il qualifie de politique. « Ici [au tribunal] on ne fait plus le droit mais de la politique car nous avons des travaux en cours dans le cadre des 100 jours et que maintenant que le président parle de donner des maisons aux militaires et policiers - lui qui avait dit qu'il ferait du social pour les militaires et les policiers - vous estimez que c'est une mauvaise chose. J'en suis étonné... »

Selon lui, dans ce procès, ce n'est pas lui qui est visé mais le chef de l'Etat, Félix Tshisekedi. « Alors que le président dit lui-même était le superviseur des travaux des 100 jours, aujourd'hui c'est l'affaire de Kamerhe ! » Et d'après lui, « plusieurs travaux entrepris par la présidence dans le cadre du programme des 100 jours correspondent à la valeur d'un seul ouvrage du passé », d'où l'envie de faire échec à ce projet des 100 jours.


« Il est politique parce qu’on a vu que les travaux [des 100 jours] avançaient [...] ils se sont dits, [ils vont réussir]
Ce n’est pas Vital Kamerhe qui est visé mais le chef de l’Etat », a-t-il déclaré, avant d'appeler la population à la vigilance en quatre langues nationales.

L'affaire étant délibérée, le verdict de ce procès est attendu le 20 juin prochain. Vital Kamerhe et consorts sont poursuivis pour détournement présumé des deniers publics est risque, suivant le réquisitoire du ministère public, jusqu'à 20 ans de servitude pénale, 10 ans d’interdiction des droits de vote et la confiscation de ses biens supposés acquis grâce à l’argent détourné du projet des maisons préfabriquées.