Noël Tshiani: 60 ans après l’indépendance de la RDC, la situation économique est catastrophique.





Noël Tshiani: 60 ans après l’indépendance de la RDC, la situation économique est catastrophique.








Noël Tshiani


r. Noël Tshiani, candidat à l’élection présidentielle 2018 a scruté au scalpel l’économie de la RDC, 60 ans après l’indépendance. Une situation jugée de catastrophique puisqu’il n’y a pas d’infrastructures de base pour faire face aux défis de la population. Noel Tshiani regrette que lescongolais, manipulés parfois par les puissances extérieures, aient mal géré le pays. Cela, sur le plan économique, social, politique. Il dit :

« Si bien que la situation aujourd’hui, 60 ans plus tard est catastrophique. Dans la mesure où, nous n’avons pas d’infrastructures de base pour faire face aux défis de la population ».

En effet, moins de 10 % de la population ont l’accès à l’eau, à l’électricité et aux services de télécommunication. 85 % de la population active au chômage. L’économie se trouve désarticulée et essentiellement centrée sur quelques matières premières exploitées en état brut.

Mauvaise gouvernance

La résultante de cette économie est due à la corruption généralisée ; le détournement des fonds publics ; la prédation des ressources naturelles. En conséquence, la monnaie nationale qui célèbre ses 22 ans depuis son lancement ne vaut rien. Il Noël Tshiani la qualifie de « monnaie de singe ». Car, en 1998, 1 dollars valait 1,3 FC. Aujourd’hui le dollar s’échange à 1.950 FC. Ce qui correspond à une dépréciation de 150 mille %.

« Le pouvoir d’achat de la population est décimé, paupérisé suite à la mauvaise gestion de la monnaie et de l’économie. Au point où, le Congo est placé 224ème sur 226 pays avec un PIB par habitant de 458 dollars. Le premier pays a un PIB/habitant de 140 mille dollars par an. Nous sommes des damés de la terre. Le dernier dans le classement ».

Prioriser la sécurité selon Noël Tshiani

Le point de départ, selon Noël Tshiani, c’est la prise de conscience de cette expérience catastrophique. Il dénonce que les congolais se soient lancés à des guerres fratricides qui ont fait fuir les investisseurs. A l’intérieur du Congo, la gouvernance était si mauvaise que tout le monde était pressé pour s’enrichir. L’absence de ce qu’il appelle « Etat des droits » ; de définir des règles claires pour gérer les biens du pays et les exploiter au profit de tous.

Maintenant, il faudra changer tout ça. Inverser la tendance. Et, doter d’abord le Congo de la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Il déclare :

« Utiliser tous les moyens pour que nos forces armées soient dotés en munition pour rétablir la paix et la sécurité ».

Ensuite, situer le développement du pays dans le contexte d’une vision globale de développement à court, moyen et long terme. Objectifs ? Sortir la RDC du sous-développement pour en faire un pays émergent en l’espace de 15 ans.

Noël Tshiani ne s’arrête pas qu’à critiquer la gestion du pays, 60 ans après l’indépendance de la RDC. Cet ancien candidat fait également des propositions pour sortir de cette situation qu’il qualifie de catastrophique.

Pour commencer, il recommande de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Ce qui suppose qu’il faut bannir tribalisme qui continue à diviser le pays.

« Tous les congolais sont les mêmes et ils doivent travailler ensemble avec le même objectif ».

Après, il appelle à investir dans l’homme et la femme congolais, notamment, dans l’éducation, la santé et l’autosuffisance alimentaire. Et puis, aller dans les infrastructures de base. Il s’agit de de l’eau potable, l’électricité, des services de télécommunication à tous les ménages du pays. Construire les routes et les autoroutes qui intègrent toutes les provinces du pays pour devenir un seul marché.

« Nous avons l’impression qu’on a 26 provincettes qui sont détachées les unes des autres et qui ne sont pas collées ».

Diversification de l’économie après l’indépendance



Pour diversifier l’économie, Noël Tshiani recommande de commencer par ce qui touche directement à l’homme. Allusion faite à l’autosuffisance alimentaire en investissant sérieusement dans l’agriculture, l’élevage, la pêche. Question de développer toute une industrie agroalimentaire en vue de produire localement pour la consommation. Ce qui va conduire à développer le secteur minier.

« Nous devons changer la dynamique pour transformer localement les matières premières congolaises en produits finis, semi-finis. Objectif ? Créer des emplois pour les congolais ».

Il est convaincu qu’en 15 ans, le Congo sera différent de celui hérité jusqu’à présent, après 60 ans d’indépendance.

Epanouir chaque congolais

Noël Tshiani suggère par la suite, investir dans le secteur capable de créer un environnement permettant à chacun de s’épanouir. Exemple, l’éducation pour que chaque enfant contribue non seulement à sa propre survie mais au développement du pays. Aussi, maintenir l’homme congolais en bonne santé. De ce fait, avoir un système où chacun peut juste aller à moins de deux kilomètres pour arriver à l’hôpital. Il propose 100 hôpitaux pour 100 millions de congolais. Ensuite, constituer un système d’assistance maladie universel qui permettra à chacun de se faire prendre en charge.

En conséquence, il faut créer des emplois pour les congolais. 65 à 70 % de la population congolais vit les milieux ruraux. Pour ce faire, il propose de développer l’agriculture, l’élevage et la pêche. « Développer tout une chaîne de l’industrie agroalimentaire pour inonder nos propres marchés avec les produits agricoles congolais. Ensuite, les exporter vers l’étranger ».

Par-dessus, accélérer l’industrialisation après l’indépendance. Les matières premières congolaises doivent cesser d’être produits simplement pour les marchés extérieurs. Il y a lieu de les transformer en produit fini à l’intérieur du Congo. Exemple, le Coltan qui sert à fabriquer entre autres les téléphones intelligents et télévisions. Réfléchir sur comment développer ce secteur. S’il n’y a pas moyen de le faire, les investisseurs peuvent venir travailler avec les congolais.

« Appliquons maintenant cette logique à toutes les matières premières congolaises ».

Cette vision s’appliquera en mobilisant tout le peuple congolais. Une vision qu’il qualifie de « plan Marshall de Noel Tshiani pour la reconstruction et le développement de la RDC ». Un document qu’il actualise pour intégrer les défis qu’a soulevé la pandémie à Covid-19. Car, il fait ressortir certains éléments de faiblesse dans le fonctionnement de l’administration publique, notamment les éléments de la gouvernance.