Kamerhe placé en « détention préventive » de 15 jours à Makala (Enjeux)




Kamerhe placé en « détention préventive » de 15 jours à Makala (Enjeux)








Le Tribunal de paix de Kinshasa/Matete, siégeant en chambre de Conseil, vient de rejeter la demande de mise en liberté provisoire du directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe. Par sa décision de ce samedi 11 avril 2020, il a ordonné sa détention préventive pour un durée de 15 jours renouvelables.

Visiblement, commentent des juristes, la détention préventive du leader de l’UNC, jouissant de la présomption d’innocence, serait motivée par la nécessité d’éviter que la liberté provisoire lui donne l’opportunité de procéder à la destruction d’un certain nombre des preuves, d’avoir le temps de se concerter avec des tiers qui peuvent être appelés comme témoins à charge, ou carrément se soustraire des poursuites judiciaires.

Une décision qui n’a pas rencontré l’assentiment de la défense de Kamerhe qui avait pourtant évoqué, dans sa demande, des raisons solides pour justifier la disponibilité à coopérer de son client.

Ils ont d’abord démontré que sa fuite n’était pas à craindre. Ensuite, que Vital Kamerhe a une résidence bien connue à Kinshasa. Et enfin, il n’y a pas jusque-là d’indices sérieux de culpabilité mis à charge de son client qui s’est présenté librement devant le procureur pour apporter des renseignements sollicités par la justice dans le cadre des enquêtes sur l’utilisation des fonds alloués au programme présidentiel des 100 jours.

Pour eux, le dossier de Kamerhe est vide. D’après un membre de l’UNC, cette détention prolongée injustifiée viserait le maintien de son leader en prison pour que les officines qu’ils ont décriées aient le temps de fabriquer des preuves à sa charge.

De la détention provisoire à la détention préventive

Au terme de sa première audition intervenue le 8 avril 2020, le magistrat instructeur avait ordonné la « détention provisoire » de Vital Kamerhe.

Celle-ci, ne pouvant dépasser la durée de 5 jours, il était d’obligation pour le magistrat instructeur de présenter le détenu devant le Tribunal de paix compétent afin de solliciter de cette instance une détention préventive ne devant dépasser une durée de 15 jours. Ce qui, d’après des sources judiciaires, a été fait ce jour.

De ce fait, il y a lieu de retenir que la « détention préventive » est une décision relevant du Tribunal et non pas du magistrat instructeur.

« Si le Parquet considère qu’il a encore besoin de la personne en détention, il va, avant le quinzième jour, le présenter à nouveau devant le même Tribunal pour motiver les raisons pour lesquelles il souhaite prolonger de 15 ou 30 jours sa détention », a expliqué Me Georges Kapimba, président de l’ONG ACAJ.

A l’allure où évolue le dossier, la défense de Vital Kamerhe, soupçonne un complot politique bien ficelle contre son client.

« Il y a un acharnement politique qui ne dit pas son nom ! C’est une humiliation, une cabale bien ficelée, bien montée pour humilier Vital Kamerhe », avait déclaré l’un de ses avocats, Jonh Kaboto.

Réactions au sein de la classe politiques

A sein de la classe politique, aucune déclaration officielle de la coalition FCC-CACH, ni indépendamment de CACH ou UDPS n’a encore été enregistrée jusque-là.

Toutefois, certaines personnalités ont donné le ton. C’est le cas de André Atundu du FCC qui a estimé qu’il au magistrat de nous dire pourquoi il a jugé opportun de mettre à Makala une personnalité aussi importante, qui est toujours directeur de cabinet.

A l’UDPS, le président intérimaire, Jean-Marc Kabund a suspendu le porte-parole du parti, Paul Tshilumbu, pour « non respect de la hiérarchie et des instructions du parti » du fait qu’il ait pu commenter, au nom de l’UDPS, l’affaire Vital Kamerhe dans un contexte où il leur avait interdit toute prise de parole à ce sujet.

Depuis la mise en détention de Kamerhe le 8 avril dernier, seuls les députés membres de l’UNC ont fait une déclaration pour dénoncer une détention arbitraire et exiger la libération immédiate et sans condition. Ils ont demandé aux militants de leur parti et à l’ensemble de leurs électeurs de rester mobilisés et vigilants en attendant les grandes décisions de l’UNC.

En effet, ce parti avait déjà donné le ton lors de la première convocation ratée de son leader pour dénoncer un acharnement contre Vital Kamerhe de la part des officines sans foi ni lois contre qui il est déterminé à mettre hors d’état de nuire, et ce, par toutes les voies de droit.

Réaffirmant son attachement à l’état de droit en Rd Congo, l’UNC a affirmé se tenir « prête à assumer le combat politique qui s’ouvre et à ne pas courber l’échine avec sa base militante en état d’alerte. »