Comment l’hydroxychloroquine du Professeur Raoult est devenue virale




Comment l’hydroxychloroquine du Professeur Raoult est devenue virale








A l’heure où la plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale frappe la planète toute entière, la France s’est offert une polémique digne d’Astérix et de son village gaulois. En ces temps de lutte sanitaire mondiale contre le coronavirus SARS-CoV-2, on aura compris que notre guerre a pour nom"hydroxychloroquine" dont le mentor, le Pr Didier Raoult, qui dirige l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection de Marseille, est désormais connu de tous.

La question clé ? Ce médicament, bien connu depuis des décennies comme antipaludique, associé à l’azithromycine, un antibiotique agissant sur les poumons, aide-t-il vraiment les patients dans leur combat immunitaire contre le SARS-CoV-2 ? La dernière annonce en date, faite sur Twitter le 29 mars par le professeur de médecine lui-même, tend à prouver que… oui. Il fait état d’un ratio très faible de mortalité : "Un décès pour 1 003 patients traités. " Deux jours plus tôt, une étude sur 80 patients, elle aussi révélée sur Twitter, montrait que la charge virale baissait grâce aux deux molécules : "Au bout de cinq jours, chez 97,5 % des patients, on ne trouvait plus de virus après mise en culture d’échantillons respiratoires."

"Notre priorité est de guérir les patients diagnostiqués positifs au Covid-19", déclare Didier Raoult, désormais porté au pinacle tel un saint laïque par des foules faisant la queue devant l’IHU de Marseille. Alors qu’il est voué aux gémonies par nombre de spécialistes. Ces derniers l’accusent en effet d’avoir mené des études non-probantes (24 patients, un trop faible nombre dans celle publiée dès le 20 mars, sans groupe contrôle), voire de frauder.