Marche du 17 janvier: Pas de chevauchement avec la cérémonie officielle (Lamuka)


Marche du 17 janvier: Pas de chevauchement avec la cérémonie officielle (Lamuka)







La grande marche dite de deuil et d’indignation prend désormais un caractère officiel. Par le biais de sa formation politique, Nouvel Elan, l’actuel Coordonnateur de la plateforme Lamuka, Adolphe Muzito, a, par sa correspondance datée du 10 janvier 2020, saisi officiellement l’autorité urbaine, en l’occurrence, le Gouverneur Gentiny Ngobila, pour l’informer de l’organisation de ladite marche.

L’itinéraire est connu : de la place Pascal dans la commune de Masina à l’Echangeur de Limete, point de chute, où se dresse l’imposante statue de Patrice Emery Lumumba. Le tandem Muzito – Fayulu et leurs partisans ont aussi prévu de déposer des gerbes de fleurs aux pieds de ce Héros national dont les cérémonies commémoratives interviennent le 17 janvier de chaque année. 59 ans déjà !

« Pas de chevauchement avec la cérémonie officielle »



N’y aura-t-il pas chevauchement avec la cérémonie officielle également prévue au même endroit, le même jour ? « Pas du tout », a rétorqué Steve Kivuata, Secrétaire général de Nouvel Elan et cadre de Lamuka, vu que l’heure de chute de la marche est éventuellement le début d’après-midi alors que les autorités se pointeront à l’Echangeur de Limete dans l’avant-midi. C’est donc aux alentours de 10 heures que la marée humaine que vont, sans nul doute, drainer les leaders de Lamuka va commencer à battre macadam, selon le programme établi.

Les regards sont donc à présent tournés en direction de l’Hôtel de ville de Kinshasa pour connaître l’option levée par le Gouverneur Ngobila : autorisation ou interdiction de la marche. Pendant ce temps, certaines voix s’élèvent, notamment parmi les membres de famille des martyrs du 17 janvier (Lumumba, Okito et Mpolo), pour crier à la désacralisation de cette date historique. C’est aussi l’opinion des Lumumbistes purs et durs dont Jean-Paul Kasende qui s’insurgent contre l’organisation de cette marche projetée par le tandem Fayulu – Muzito et en appellent à sa reprogrammation pour un jour ouvrable. Curieusement, deux autres membres du présidium de Lamuka, Jean- Pierre Bemba et Moïse Katumbi, restent silencieux.

« Nous allons marcher quoiqu'il arrive »



A titre de rappel, Martin Fayulu, candidat malheureux à la Présidentielle de décembre 2018 qui ne cesse de revendiquer sa victoire, avait circonscrit l’objet de cette marche dans son message de vœux à la nation. « Bandeau blanc autour de la tête, nous marcherons pour dire au monde entier que nous sommes désormais réveillés, débout, déterminés et en marche pour sauver notre patrie en danger. » Ce jour-là, ce chantre de la fameuse « Vérité des urnes » avait déclaré que deuil veut dire pleurer nos frères et sœurs tués à Beni et ailleurs et ; indignation signifie expression de la désapprobation au plan machiavélique de balkanisation du pays. Et il a décrété 2020, « Année de la Libération de la RDC ».

« Nous allons marcher quoiqu'il arrive », promet Martin Fayulu en réaction à l'éventuel refus de l'Hôtel de ville de Kinshasa d'autoriser la marche prévue le vendredi prochain 17 janvier. « Nous sommes indignés par le projet de balkanisation de notre pays et nous voulons dire que nous sommes contre ce complot. Nous marchons pour que tout le monde sache que le peuple congolais ne laissera jamais son pays être balkanisé », s'est exprimé Martin Fayulu lundi devant la presse.

« Que le Gouverneur s'occupe d'abord de la propreté de la ville », a réagi l'opposant. Le Nouvel Elan, parti politique d'Adolphe Muzito, et coordonnateur en exercice de la coalition LAMUKA, dont Martin Fayulu est le porte-étendard, a écrit au gouverneur de la ville de Kinshasa pour l'informer d'une marche pacifique « de deuil et d'indignation », le vendredi 17 janvier courant.