Balkanisation de la Rdc : Delly Sesanga rejette le schéma Fayulu-Muzito




Balkanisation de la Rdc : Delly Sesanga rejette le schéma Fayulu-Muzito







Un discours fort sur la balkanisation. Des racadrages aussi à certains dérapages. Delly Sesanga a soulevé samedi ses cadres et militants réunis au siège de son parti à l’occasion de la cérémonie d’échanges de voeux pour la nouvelle année 2020.

Le leader de l’Envol s’est questionné sur les idées avancées par certains acteurs politiques congolais qui sont de nature, selon lui, à semer la peur et le doute au sein de l’opinion.

Des idées qu’il rejette avec force et les juge dépassées. Dans sa réflexion, il se demande encore si le drame de Beni doit-il pousser le pays à faire la déclaration de guerre et l’annexion des pays voisins ?

D’ores et déjà, Sesanga anticipe que si c’est pour montrer que les congolais savent faire la guerre, l’armée congolaise a prouvé sa force lors de la première et la deuxième guerre mondiale.

Il a cité des exemples des victoires brillantes de Tabora, Mahenge, Gambela, Assossa, Saïo et même à l’époque de Mobutu, au Rwanda.
L’élu de Luiza pense qu’une nouvelle guerre n’apporterait pas la paix et la stabilité aux populations congolaises.

" Une nouvelle guerre n’est pas la solution", tranche Sesanga.

Aux défenseurs de cette thèse, le leader de l’Envol explique que la vraie guerre, il faut la mener contre le manque de cohésion interne, la désorganisation administrative, la corruption, le clientélisme, le népotisme qui ont gangrené l’appareil de l’État et affecte son outil de défense.

L’opposant insiste que les fragilités internes doivent être combattues. Des pistes qu’il faut explorer, dit-il, pour sortir le pays de la situation actuelle.

Au sujet de la proposition de l’organisation d’une conférence internationale sur la balkanisation ( Fayulu ), Sesanga affirme, sans connaître l’agenda, que cette idée est pernicieuse.

’’ Elle me semble même faire écho à ceux qui demandent la révision des frontières", a dénoncé l’élu de Luiza.

Sesanga ne s’explique pas que " comment prétendre défendre l’intégrité du territoire et de l’indépendance nationale, et en appeler au même moment, à la convocation d’une conférence sur la Balkanisation qui serait, tonne-t-il, l’occasion aux larrons de donner une formule préliminaire à telle revendication.

" Je ne connais pas d’État confronté à pareil défi qui prendrait l’initiative de parler de sa balkanisation. C’est une idée abominable qui ne devrait pas germer dans la tête des congolais ", a-t-il ajouté.

Pour l’ancien président de la commission PAJ de l’Assemblée nationale en 2006, la Charte des Nations Unies et le sacro-saint principe de l’Union Africaine sur le respect de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, devraient constituer le cadre de défense de l’intégrité territoriale.

Au lieu de se perdre dans de débats inutiles, Sesanga répète qu’il faut renforcer plutôt l’armée pour sauvegarder la souveraineté et l’intégrité du pays.

Il interdit aux politiques congolais de pécher en évoquant des principes contraires aux intérêts nationaux.

A haute voix, le leader de l’Envol estime que l’Accord d’Addis-Abeba fournit le cadre où la dimension régionale des conflits des Grands Lacs, rentre dans les principes défendus par l’Envol.

A ceux qui s’avancent sur ce schéma, Sesanga leur demande d’arrêter de surfer sur la peur et les angoisses du peuple en proposant des agendas qui nuisent fondamentalement aux intérêts du peuple.