Muzito : "Accepter de faire une opposition républicaine, c’est approuver les résultats des élections du 30 décembre 2018"




Muzito : "Accepter de faire une opposition républicaine, c’est approuver les résultats des élections du 30 décembre 2018"








Adolphe Muzito, l'un des six leaders de Lamuka


Le fossé ne cesse de se creuser entre les leaders de LAMUKA avant la réunion du présidium de cette plateforme politique. La rencontre d'hier jeudi 6 juin au collège Boboto, dans la commune de la Gombe, entre Martin Fayulu, Adolphe Muzito ainsi que Eve Bazaïba et les étudiants, a permis d'y voir un peu plus clair.

Adolphe Muzito, l'un des six leaders de Lamuka, n'est pas allé avec le dos de la cuillère pour affirmer qu'accepter de faire une opposition républicaine ou opposition tout court, signifierait approuver les résultats des élections du 30 décembre 2018 qui ont donné Félix Tshisekedi vainqueur. Intervenant à ces échanges sous le thème : "la Crise de légitimité en RDC : Causes et effets", Muzito, cité par plusieurs médias en ligne, a souligné : "Nous ne pouvons pas les légitimer en disant que nous sommes une opposition républicaine et eux, une majorité républicaine. Sinon, ce serait abandonner la lutte et la victoire du peuple.

C'est pourquoi, nous disons que nous sommes dans la résistance non pas pour les contredire mais pour les contester avec le peuple jusqu'à ce qu'ils quitteront". "Si nous acceptons d'être leur opposition républicaine ou opposition tout court, c'est que dans ce cas, nous acceptons leur pouvoir et notre rôle ne reste que celui de les contredire et donner nos avis jusqu'à ce que leur mandat prendra fin. Ce qui n'est pas vrai", a-t-il expliqué.

CONTRASTE

Cette prise de position contraste avec l'opinion développée par le coordonnateur de Lamuka, Moïse Katumbi. L'un des six, avait annoncé une rencontre prochainement entre les membres de la coalition et Félix Tshisekedi. "Félix Tshisekedi est un frère. Il est également frère à Martin Fayulu, à Jean-Pierre Bemba. C'est notre frère. J'étais gouverneur du Katanga, du grand Katanga qui a la malchance d'être morcelée à cause de Moïse Katumbi. Quand j'étais gouverneur, il fallait travailler pour la population. Le président Tshisekedi est là, il est en train de faire un grand travail. Il vient de nommer son Premier ministre.

Pour le moment, je ne suis pas quelqu'un qui dérange. Nous sommes de l'opposition républicaine, moi, je ne vais pas vivre dans le radicalisme. L'opposition Lamuka aura le temps de voir le président Tshisekedi. C'est ça la reconstruction d'un pays. Nous partirons ensemble, avec mon frère Martin, avec Jean-Pierre Bemba et tous les autres donner notre point de vue. Ce ne sera pas pendant la nuit […]", avait déclaré Moïse Katumbi, répondant à une question d'ACTUALITE.CD au cours d'une conférence de presse organisée à Lubumbashi.

PAS DE PREFERENCE

Jean-Pierre Bemba regagne Kinshasa dimanche 23 juin prochain. Il y sera précédé trois jours plus tôt par Moïse Katumbi le 20 juin. Martin Fayulu a, à cette occasion, annoncé sa présence à l'aéroport international de N'Djili pour accueillir le leader du MLC. Répondant à une question au cours de cette conférence-débat, le candidat LAMUKA à la présidentielle de fin décembre 2018 relayé par 7sur7.cd : "JP Bemba ainsi que les amis du MLC m'ont contacté pour son retour. Je n'ai pas encore vu les amis de Katumbi". Ce, avant d'enchaîner qu'il n'a pas de préférence pour Jean-Pierre Bemba au détriment de Moïse Katumbi. Le président du parti politique "Engagement pour la citoyenneté et le développement" (ECIDE) a, en outre, affirmé être déterminé à poursuivre sa lutte pour la vérité des urnes tant que la population ne lui dira pas d'arrêter. "Nous avons transformé Lamuka en plateforme politique. Notre convention est claire : nous devons avoir une action tournée autour de la défense de la Constitution. Nous devons mobiliser la population pour que le combat pour la vérité des urnes soit effectif. Je le dis et je le répète : je ne suis pas dans l'opposition par rapport à Tshisekedi. Il n'a pas été élu. Je suis dans le combat pour la vérité des urnes. Il faut donner le temps au temps. Ça va venir. Je laisserai ce combat de la vérité des urnes le jour où le peuple va dire : c'est fini, arrête", explique-t-il aux étudiants. Martin Fayulu réaffirme en même temps l'ambition de sa plateforme d'entamer des descentes sur le terrain, toujours dans le but de dénoncer l'élection de Félix Tshisekedi. "Le mot d'ordre pour les marches viendra. Soyez prêts. Quand nous allons commencer nous irons jusqu'au bout. Les autres camarades arrivent. Et nous allons le faire", a-t-il conclu.