Après un mois, Lamuka déjà dans une crise stratégique




Après un mois, Lamuka déjà dans une crise stratégique








27 avril-27 mai la plate-forme Lamuka fête son anniversaire d’un mois depuis qu’elle a été transformée en plate-forme politique. Ce regroupement de plusieurs partis de l’opposition avec plusieurs leaders dont Moise Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Freddy Matungulu, Mbusa Nyamwisi et Martin Fayulu, avait décidé de porter ce dernier comme candidat aux élections de décembre 2018.

Après l’échec de celui-ci, Lamuka a été transformé en une plate-forme politique avec une coordination tournante de trois mois avec Moise Katumbi comme premier coordonateur.

Depuis son arrivée à la tête de cette plate-forme, plusieurs déclarations contradictoires sont prononcées par ses différents leaders lors des différentes manifestations à travers le pays, laissant ressortir des divisions stratégiques internes.

La première est celle de Martin Fayulu qui dans son « combat pour la vérité des urnes » ne reconnait pas la victoire de Félix Tshisekedi qu’il a d’ailleurs appelé à démissionner.

« Je suis de retour et nous allons demander à notre frère Félix Tshisekedi de démissionner », avait-il indiqué lors de son meeting tenu à Kinshasa le 28 avril.

Moise Katumbi quant à lui assure qu’il va mener une « opposition républicaine » face à Félix Tshisekedi qu’il considère comme son frère.

« Tshisekedi c’est mon frère, frère de Martin Fayulu et de Bemba. Je ne veux pas faire une opposition radicale plutôt une opposition républicaine, c’est pourquoi nous irons dans les prochains jours voir le président Félix Tshisekedi pour sa réconciliation avec Martin Fayulu et lui donner notre point de vue. » Avait-il déclaré lors d’une conférence de presse le 22 mai dernier.

Cette déclaration de Moise Katumbi avait suscité des réactions de la part des proches de Martin Fayulu qui l’avait accusés de détourner la coalition des objectifs qu’elle s’était fixés.

« Il n’appartient pas à moise Katumbi de lever une option aussi grave, violant nos textes. On ne peut pas faire une opposition républicaine à une majorité qui est sortie d’un hold-up électoral… », avait déclaré Steve Kivwata l’un de porte parole de Martin Fayulu pendant la campagne électorale.

Le choix de Katumbi très éloigné de la vérité des urnes de Fayulu




Cette situation au sein de la plateforme amène certains chercheurs à parler d’une crise au sein de cette organisation politique.

Pour le professeur Félicien Kabamba chercheur à l’Université de Kinshasa, Lamuka connait d’abord une crise identitaire étant donné qu’il est difficile de savoir exactement son identité.

« On se rend compte que la décision de changer Lamuka d’une plate-forme électorale à une plate-forme politique sans qu’il y ait à partager était une décision risquée et prise à la hâte. On constate aujourd’hui qu’au sein de Lamuka il y a une véritable crise. D’abord c’est une crise d’identité. Lamuka se reconnait-il une identité de l’opposition ou Lamuka est une plate-forme qui n’est ni dans l’opposition ni au pouvoir mais qui milite pour la vérité des urnes ? », se demande le professeur lors de son intervention à la Radio Okapi dans l’émission dialogue entre congolais.

Il indique ensuite que cette plate-forme connaît également une crise de stratégie et de discours. Il donne comme preuve le discours des proches de Katumbi qui va dans le sens d’accepter que le pouvoir actuel repose sur une configuration de deux forces dont Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Pour ce clan « affaiblir Tshisekedi n'est pas au bénéfice de l’opposition ».

« De l’autre côté vous avez le discours de la part des personnes proches de Fayulu qui présente Félix comme Kabila qui a changé de visage […] Vous avez là deux types de discours qu’il est difficile de concilier. » a-t-il indiqué.

Il est certain que le choix de l’opposition que veux faire le clan Katumbi est très éloigné de la vérité des urnes que veux mener les personnes qui soutiennent Martin Fayulu.