Hommage aux retraités Lutumba et Bombenga


Hommage aux retraités Lutumba et Bombenga



Le poète Simaro Lutumba a fait son temps et a laissé la place aux jeunes. Pour ce faire, l’artiste a symboliquement remis  sa guitare aux autorités politiques du pays. A 80 ans révolus, l’heure est venue pour lui de se reposer. Masiya vient de prendre sa retraite. En cette année 2018, le poète a fêté un double anniversaire : ses 80 printemps et ses 60 ans de vie musicale. Une longévité et une carrière qui font rêver plus d’un artiste.

L’homme laisse à la postérité des singles et des albums contenant des titres qui ont fait danser l’Afrique entière. Son Talent dans la composition fait de ses chansons une référence. La seule évocation de son nom rappelle sa sagesse. Cette bibliothèque vivante est l’endroit où plusieurs jeunes artistes partent se ressourcer entre autre Félix Wazekwa, Reddy Amisi, Suzy Kaseya et Manda Chante.

A la veille de ses 80 ans, l’artiste avait émis le vœu d’être honoré de son vivant. Il est jusqu’à ce jour le seul musicien qui a eu ce privilège et qui a vu son vœu exaucé. Les choses sont allées très vite. Tout commence au mois de mars quelques jours seulement avant ses 80 ans. L’avenue Mushie à Lingwala est débaptisée et devient avenue Lutumba. Le 27 juillet, son buste érigé par le sculpteur Hassan Tshiamala est dévoilé au croisement des avenues Nyangwe et Libération. Début septembre paraît le livre « Merci Lutumba pour tout et … le reste » de Foshino Ntumba qui retrace son parcours artistique. Mi-septembre sort « Icône d’Afrique », un hommage musical de Félix Wazekwa qui en réalité est une compilation relookée de quelques titres écrits par Lutumba lui-même.

Si cet honneur est mérité vu sa longévité culturelle et l’immensité de l’œuvre qu’il lègue à notre patrimoine, il semble bien qu’il y ait deux poids deux mesures. Le cas de Jeannot Bombenga (84 ans) en dit long. Le nom de Lutumba a nourri l’actualité, accompagné la ferveur populaire et mobilisé les faveurs de l’État. Celui de Bombenga W’Ewando a depuis longtemps été oublié. Et pourtant, il a lui aussi écrit les belles pages de la chanson congolaise. La RDC ne lui a pas rendu un hommage mérité à la dimension de sa grandeur et  de son apport à notre musique. Il n’a eu droit à rien. L’événement prévu le 25 août dans la salle ShowBuzz pour fêter le jubilé d’or qui allait marquer la fin de sa carrière après 64 ans de vie musicale a purement et simplement été annulé. Le ministère de la Culture et Arts qui a donné les garanties pour son organisation s’est désisté en dernière minute. Officiellement, la soirée jubilaire du doyen des artistes-musiciens congolais est reportée pour des raisons d’organisation matérielle, administrative et financière. Si Lutumba a été fêté en pompe, le fondateur de l’inoubliable Vox Africa  n’a jusque-là eu droit à aucune considération et aucune reconnaissance de l’État. La République ne lui a pas rendu la monnaie de sa pièce.

Toutefois, il faut saluer la bonhommie du poète Lutumba qui a associé son aîné à la fête organisée dans le cadre de son anniversaire au dancing Un-Deux-Trois. Cette soirée dansante qui a connu la présence et la participation de plusieurs artistes-musiciens, fut en quelque sorte la fête de deux octogénaires : Simaro Masiya et Jeannot Lolango.