Tango ya bayankées ou Nzambele ngingo revisité

Tango ya bayankées ou Nzambele ngingo revisité





Les yankees ont marqué la jeunesse kinoise et brazzavilloise. Ils ont réussi à inscrire leurs noms dans l’histoire des deux capitales les plus proches du monde. Dans l’évocation de leur tumultueuse épopée,  la chanson Wele Ngingo ou Nzambele Kingo avait toujours manqué. Cette œuvre mythique qui a été le point d’orgue du billisme fut écrite par Vieux Néron, on ne sait pas trop quand. Il faudrait peut-être placer sa genèse au début des années 60.

Pour mettre à jour sa chanson, le sheriff de Far West avait un atout majeur : sa maîtrise et sa connaissance de la guitare. Très vite, elle est devenue l’hymne des bills en faisant le tour de la capitale comme un éclair. Quel est ce muana Kin qui n’avait pas fredonné cet air atypique ? Il semble en tout cas qu’il avait  été chanté par la quasi-totalité de la jeunesse kinoise de l’époque. Pourtant, elle n’était pas gravée sur vinyle. Une autre question se pose. Vieux Néron était-il aussi l’inventeur de la danse qui accompagnait sa chanson ? Comment s’appelait-elle ? On le saura peut-être un jour.

Toutefois, Tchico Tchicaya, l’enfant de Mangembo, qui a vécu le billisme comme tous les jeunes de Kinshasa, revient sur cette chanson qui a symbolisé l’épopée glorieuse des bills. Après Génération ya ba yankées où il a décrit les hauts faits de ces cow-boys tropicaux qui ont colonisé les quartiers de Kinshasa, il revisite le hit populaire qui a célébré la gloire des gourbas dans Tango ya ba yankées.

Joseph Katshaya Kompombo alias Vieux Néron est aujourd’hui honoré. Sa chanson vient de retrouver une seconde jeunesse. Les nostalgiques sont bien servis. Il ne leur reste plus qu’a défier le temps et l’âge afin d’exhiber les pas de la danse des bills qui l’accompagnait.