Origine et conséquences du « coupage » dans les médias congolais.


Origine et conséquences du « coupage » dans les médias congolais.


Le « coupage » est un jargon de la presse congolaise qui désigne la rémunération que les organisateurs des événements versent aux journalistes, en guise de pourboire. Avec le temps, cette pratique issue de la 1ère République est devenue un  véritable rituel.
En corrompant discrètement les journalistes, les organisateurs sont assurés d’orienter  leurs opinions. Aux yeux des journalistes  congolais souvent mal payés, le « coupage » compense leurs bas salaires et contribue au partage des faveurs dans un pays où la corruption s’est institutionnalisée.
Par ailleurs, le « coupage » n’est pas un mal exclusivement congolais dans la mesure où beaucoup de journalistes de la presse internationale ont maintes fois été soudoyés par les dirigeants politiques dans le but de soigner leur image.
L’ORIGINE DU « COUPAGE » EN RDC.
Durant nos stages professionnels au sein des organes de presse en RDC, nous avions posé la question aux vieux loups pour connaître l’origine du terme « coupage », que nous supposions provenir du verbe couper, et partant du fait que dans nos langues,  la corruption peut être traduite par le terme « nkata milomo » qui signifie couper les lèvres .
À notre grande surprise, les aînés nous avaient révélé que le terme « coupage » tire son origine du nom du Gouverneur de l’UELE du 6 juillet 1965 au 20 décembre 1966, François KUPA. Selon eux, le Gouverneur Kupa était d’une grande largesse à l’égard des journalistes appelés à couvrir ses activités politiques. Donc c’est suite à ses  largesses qu’est né le terme plus ou moins franchisé « coupage ».
Conséquences et limites  du coupage.
Nous avons relevé que le « coupage » est une corruption et consiste à orienter les opinions des journalistes.  Mais au moment où les réseaux sociaux sont en train de concurrencer le journalisme traditionnel, il devient difficile d’occulter  longtemps la vérité. Les journalistes sont appelés à demeurer objectifs s’ils tiennent à présever leur crédibilité.